Le Conseil de la fédération sollicite l’avis des chefs des partis fédéraux
OTTAWA, 19 décembre 2005 – Le premier ministre
Ralph Klein, président du Conseil de la fédération, a
fait parvenir une lettre aux chefs des principaux partis politiques du Canada
en vue de connaître la position officielle de leur parti sur cinq grands
enjeux prioritaires :
L’éducation
postsecondaire et la formation professionnelle
Les transports
Le rôle des
provinces et des territoires dans les activités internationales du
Canada
Les négociations
avec l’Organisation mondiale du commerce
Le déséquilibre
fiscal
Le texte de cette lettre
est joint à la présente.
Le Conseil de la fédération juge que ces cinq points constituent
des enjeux de première importance pour les Canadiens et que ceux-ci
devraient connaître la façon dont chaque parti politique fédéral
entend s’y attaquer. Le Conseil rendra publiques les réponses
qui lui seront communiquées.
Le Conseil de la fédération regroupe les premiers ministres
des treize provinces et territoires. Il permet aux premiers ministres de travailler
en collaboration en vue de renforcer la fédération canadienne
en tissant des relations constructives entre les provinces et territoires
et avec le gouvernement fédéral.
Texte de la lettre aux
chefs des principaux partis politiques du Canada :
(Parti libéral du Canada, Parti conservateur du Canada, Bloc Québécois
et Nouveau parti démocratique du Canada), signée par le premier
ministre Ralph Klein, à titre de président du Conseil de la
fédération et datée du 14 décembre 2005)
Depuis décembre 2003, le Conseil de la fédération, qui
regroupe les premiers ministres de toutes les provinces et des territoires,
travaille à résoudre des questions d’intérêt
commun d’une manière qui contribue au renforcement de la fédération
canadienne.
Le Conseil a identifié un certain nombre de questions présentant
des enjeux et croit qu’il est important que les Canadiens sachent quelles
sont les positions des partis politiques fédéraux et de leur
chef sur ces questions. À titre de président du Conseil, je
vous demande de formuler vos réponses à l’égard
des cinq domaines suivants.
Éducation postsecondaire et formation professionnelle
Alors que le Canada est confronté à une concurrence croissante
provenant de partout dans le monde, il sera essentiel de former et maintenir
une main-d’œuvre hautement qualifiée afin d’assurer
au Canada un développement économique et une prospérité
soutenus. À cette fin, le Conseil a identifié l’éducation
postsecondaire et la formation professionnelle, qui sont les pierres angulaires
de la prospérité future du Canada, comme étant un domaine
prioritaire de collaboration. Les premiers ministres Charest et McGuinty ont
déjà coprésidé une rencontre spéciale des
ministres provinciaux et territoriaux responsables de l’éducation
postsecondaire, de la formation professionnelle et des finances. Le Conseil
tiendra également un Sommet, les 23 et 24 février 2006, qui
permettra d’obtenir le point de vue d’un large éventail
d’intervenants, dans la perspective de l’élaboration d’une
stratégie pancanadienne sur cette question. Nous avons l’intention
d’inviter chacun des chefs des partis nationaux à assister à
ce sommet à titre d’observateur. Dans le cadre de leur plan pour
aller de l’avant, les premiers ministres provinciaux et territoriaux
aimeraient également rencontrer le premier ministre fédéral
pour convenir avec lui d’une stratégie pancanadienne en matière
d’éducation postsecondaire et de formation professionnelle et
d’un financement fédéral suffisant, par le biais du Transfert
canadien en matière de programmes sociaux, afin de bâtir ensemble
un avenir plus fort et plus prospère.
Appuyez-vous
la convocation d’une telle rencontre des premiers ministres sur l’éducation
postsecondaire et la formation professionnelle au début de la prochaine
année?
Transport
L’importance stratégique du système de transport du Canada
est primordiale pour la productivité au plan provincial, territorial,
régional et national ainsi que pour notre compétitivité
au plan international. Malgré des investissements continus et substantiels
des provinces et territoires dans les infrastructures de transport, le Canada
est confronté à un défi de taille en matière d’infrastructures.
Pour y faire face, les premiers ministres Campbell, Hamm et Handley ont, depuis
août dernier, travaillé en étroite collaboration avec
toutes les provinces et les territoires pour développer une stratégie
nationale en matière de transport. Dans le cadre de cette stratégie,
le gouvernement fédéral s’engagerait à faire les
réformes politiques et réglementaires requises dans tous les
modes de transport et à réinvestir les montants non encore alloués
de la taxe fédérale sur les carburants afin de fournir une source
de financement de base stable et à long terme pour les infrastructures
de transport. Un exemplaire de cette stratégie, intitulée Regarder
vers l’avenir : Un plan pour investir dans le système de transport
du Canada, est joint à la présente pour votre information.
Appuyez-vous
la proposition du Conseil de la fédération voulant que le
gouvernement du Canada devienne un partenaire à part entière
des provinces et des territoires pour la mise en œuvre, en matière
de transport, d’une stratégie nationale multimodale et inclusive
de toutes les régions?
Rôle des provinces et des territoires dans les activités
internationales du Canada
Le gouvernement fédéral est responsable de la conduite des affaires
étrangères du Canada et de la signature de traités internationaux.
Toutefois, seuls les provinces et territoires peuvent mettre en œuvre
les obligations internationales dans les domaines de compétence provinciale
ou territoriale. Il est donc logique que les provinces et les territoires
aient un rôle clair et significatif dans le développement des
positions internationales du Canada relatives à des domaines de responsabilité
provinciale ou territoriale. À cet égard, malgré l’engagement
pris en 2004 par le gouvernement fédéral d’élaborer
un accord-cadre fédéral-provincial-territorial, les provinces
et les territoires sont toujours en attente. Les provinces et les territoires
continuent de soutenir l’élaboration d’une entente formelle
avec le gouvernement fédéral. Ils considèrent qu’une
telle entente est importante afin d’assurer la transparence, le lien
de confiance et la poursuite de leur relation avec le gouvernement fédéral
dans le cadre des activités internationales du Canada qui touchent
leurs compétences, leurs responsabilités et leurs intérêts.
Quelles mesures
concrètes prendriez-vous, et selon quel échéancier,
afin de compléter avec succès l’élaboration d’un
accord formel fédéral-provincial-territorial concernant le
rôle des provinces et des territoires dans les activités internationales
du Canada qui touchent leurs compétences, leurs responsabilités
et leurs intérêts?
Négociations avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
L’économie canadienne dépend largement du commerce international;
notre prospérité et notre bien-être sont tributaires d’un
accès continu et amélioré aux marchés internationaux.
Les provinces et les territoires endossent la ronde de négociations
de Doha de l’Organisation mondiale du commerce et continueront de faire
pression afin qu’elles mènent à une conclusion positive
permettant un accès élargi aux marchés sur la base de
règles uniformes afin que le Canada puisse compétitionner efficacement
et équitablement sur les marchés mondiaux. Une conclusion positive
de ces négociations représente le meilleur moyen d’assurer
que le Canada, comme tous les autres membres de l’OMC, profitera au
maximum de ces négociations, et ce, dans tous les secteurs.
Les provinces et les territoires conviennent qu’une conclusion positive
des négociations de l’OMC pourra apporter des gains appréciables
pour les exportateurs canadiens de tous les secteurs, incluant les producteurs
agricoles orientés vers l’exportation. Les ministres de l’Agriculture
des provinces et des territoires ont également confirmé avec
vigueur leur appui au droit des producteurs de choisir d’utiliser des
systèmes de commercialisation ordonnés.
Que pensez-vous
de l’approche du Canada dans les négociations de l’OMC
et de sa contribution à l’atteinte de conclusions positives,
notamment à l’égard de la gestion de l’offre?
Déséquilibre fiscal
Certaines provinces doivent faire face à un déficit structurel
important alors que d’autres n’arrivent à contrôler
leurs déficits annuels que depuis peu. Alors que le gouvernement fédéral
continuera d’afficher d’imposants surplus dans les années
qui viennent, les provinces et les territoires continueront d’être
confrontés à des pressions fiscales importantes. Le Conseil
de la fédération a chargé le Comité consultatif
sur le déséquilibre fiscal de procéder à un examen
indépendant des facteurs sous-jacents au déséquilibre
fiscal vertical et horizontal qui existe au Canada et de recommander des solutions
appropriées.
Reconnaissez-vous
l’existence, au Canada, de déséquilibres fiscaux structurels,
tant horizontal que vertical, et vous engagez-vous à travailler avec
les provinces et les territoires pour résoudre ce problème
et mettre en place les mesures nécessaires pour mettre fin à
ces déséquilibres?
En tant que premiers ministres, nous croyons que ces cinq domaines sont importants
pour les Canadiens et que ceux-ci sont en droit de connaître la manière
dont votre parti entend s’attaquer à ces questions. À
cette fin, le Conseil de la fédération rendra publiques les
réponses que vous lui fournirez.
Nous croyons qu’en identifiant les grands enjeux dans ces domaines,
nous travaillons sur des questions importantes pour les Canadiens : une économie
forte, une main-d’œuvre qualifiée, des transports efficaces,
une saine coordination des politiques, une défense des intérêts
des Canadiens sur la scène internationale et une fédération
où règne l’équilibre fiscal.
Nous attentons avec intérêt vos réponses.
Cordialement,
Le premier ministre de l’Alberta et président du Conseil de la
fédération,
Ralph Klein
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Renseignements :
Loretta O’Connor
Secrétariat du Conseil de la fédération
(613) 563-4066